
La croyance commune veut que la médiation soit une version plus « souple » du tribunal, axée sur le compromis. En réalité, pour un litige entre associés de 200 000 $, il s’agit d’une transaction commerciale stratégique visant à orchestrer une sortie nette.
- Le succès repose sur le passage d’une mentalité de litige (« qui a raison ») à une mentalité transactionnelle (« quelle est la meilleure entente »).
- La confidentialité est un outil puissant, pas seulement une règle. Elle permet des solutions créatives qui seraient impossibles dans un dossier judiciaire public.
Recommandation : Arrêtez de vous préparer pour un combat et commencez à préparer une négociation. Calculez votre Meilleure Solution de Rechange (MESORE / BATNA) et structurez vos propositions autour de l’efficacité fiscale et de la répartition des risques, et non seulement autour d’un montant en dollars.
Lorsqu’un partenariat commercial atteint une impasse, la situation peut ressembler à un statu quo. Pour deux associés qui ont bâti une entreprise ensemble mais ne peuvent plus collaborer, un litige évalué à 200 000 $ n’est pas qu’un simple désaccord financier ; c’est une crise qui menace l’entité même qu’ils ont créée. L’instinct est souvent de se braquer, de se préparer à une bataille juridique où l’un doit être prouvé avoir « raison » et l’autre « tort ». Les conseils conventionnels se concentrent souvent sur la collecte de preuves et la préparation de la défense de votre position, traitant la médiation comme un simple tremplin vers la salle d’audience.
Cette approche est fondamentalement erronée. Elle présente le litige comme un jeu à somme nulle, une bataille à gagner. Mais et si l’objectif n’était pas de gagner un argument sur le passé, mais de désengager vos avenirs de manière stratégique et rentable tout en préservant la valeur de l’entreprise ? C’est le cœur de la mentalité de négociateur (« deal-making »). Ce guide recadrera votre préparation à la médiation commerciale. Nous irons au-delà des platitudes sur la « volonté de compromis » pour nous concentrer sur la mécanique de la structuration d’un règlement réussi. Il ne s’agit pas de céder, mais d’orchestrer la sortie la plus avantageuse possible.
Nous explorerons comment tirer parti du véritable rôle du médiateur, rédiger une déclaration d’ouverture qui donne un ton constructif, comprendre le bouclier puissant de la confidentialité et dépasser les demandes financières rigides pour créer des solutions flexibles et fiscalement avantageuses. Il ne s’agit pas de savoir comment mieux se battre en médiation, mais comment utiliser la médiation pour conclure la transaction la plus importante de votre partenariat : la sortie.
Cet article fournit une feuille de route structurée pour naviguer dans votre médiation commerciale. Les sections suivantes détaillent les considérations stratégiques clés, de la compréhension du rôle du médiateur à la rédaction d’une entente de règlement exécutoire.
Sommaire : Préparer votre médiation entre associés
- Pourquoi le médiateur n’est pas un juge et ne peut pas décider qui a « raison » ?
- La stratégie de la déclaration d’ouverture qui donne le ton d’un règlement réussi
- Ce que vous dites en médiation est-il admissible en justice si le règlement échoue ?
- L’erreur du « chiffre plancher » : pourquoi les montants rigides bloquent-ils la médiation ?
- Comment rédiger un procès-verbal de transaction immédiatement exécutoire ?
- Médiation obligatoire en Ontario : comment préparer votre client à la séance ?
- Responsabilité solidaire : pourquoi pourriez-vous payer la part de dette de votre associé ?
- Comment structurer une entente de règlement pour minimiser l’impôt de votre entreprise ?
Pourquoi le médiateur n’est pas un juge et ne peut pas décider qui a « raison » ?
Le changement de mentalité le plus critique pour des associés entrant en médiation est de comprendre que le médiateur n’est pas un juge, un arbitre ou un arbitre sportif. Son rôle n’est pas d’entendre les preuves et de déclarer un gagnant. Un médiateur est un facilitateur neutre de la négociation. Son objectif est de guider les parties vers un accord volontaire qu’elles jugent toutes deux acceptable. Il contrôle le processus, mais c’est vous et votre associé qui contrôlez le résultat. Cette distinction est le fondement du pouvoir de la médiation.
Contrairement à un juge qui impose une décision, un médiateur vous aide à explorer les intérêts sous-jacents, à tester les forces et les faiblesses de vos positions juridiques et à imaginer des solutions qu’un tribunal ne pourrait jamais ordonner. Un juge est contraint par la loi d’accorder des dommages-intérêts monétaires ou des ordonnances spécifiques ; un médiateur peut vous aider à élaborer une entente impliquant un rachat structuré, des transferts d’actifs ou des clauses de non-concurrence spécifiques qui préservent l’intégrité opérationnelle de l’entreprise. Le processus est efficace précisément parce qu’il élimine le besoin conflictuel de « gagner ». Au lieu de cela, il encourage une recherche pragmatique d’une solution viable, c’est pourquoi, selon les statistiques de 2023 du CEDR, les médiations commerciales atteignent un taux de règlement global élevé.
Par conséquent, préparer un « dossier » pour persuader le médiateur de votre bon droit est une perte de temps et d’énergie. Votre préparation devrait plutôt se concentrer sur la persuasion de votre associé que votre proposition de règlement est un résultat meilleur, plus certain et plus sensé commercialement pour lui que le risque, le coût et l’incertitude d’un litige. Le médiateur est votre allié pour communiquer cette proposition, et non l’auditoire de vos griefs.
Adopter ce cadre non judiciaire est la première étape. Pour en tirer pleinement parti, vous devez comprendre pourquoi le rôle du médiateur en tant que facilitateur est votre plus grand atout.
La stratégie de la déclaration d’ouverture qui donne le ton d’un règlement réussi
La déclaration d’ouverture en médiation n’est pas l’occasion de livrer une attaque de style salle d’audience ou un historique détaillé de chaque tort perçu. Une déclaration axée sur les griefs passés ne fera qu’enraciner votre associé dans une position défensive, rendant tout progrès impossible. Une déclaration d’ouverture stratégique est tournée vers l’avenir et établit un ton constructif et professionnel. Son but n’est pas de gagner l’argument mais d’ouvrir la porte à une négociation productive.
Votre déclaration doit brièvement reconnaître la difficulté de la situation, confirmer votre engagement à trouver une résolution de bonne foi, puis pivoter immédiatement vers l’avenir. Présentez l’objectif comme la recherche d’une voie mutuellement acceptable qui permet à l’entreprise de continuer et offre une sortie équitable et structurée pour l’un ou les deux associés. Comme le dit si bien Allan J. Stitt, président et chef de la direction d’ADR Chambers : « Le problème est de savoir comment gérer efficacement le conflit, pas comment l’éviter. » Une déclaration d’ouverture efficace le démontre en se concentrant sur le « comment » de la résolution, et non sur le « pourquoi » du conflit. Elle montre que vous êtes là pour conclure une entente, pas pour refaire le procès du passé.

Une approche puissante consiste à esquisser les principes qu’un règlement équitable devrait selon vous contenir. Par exemple : « Nous sommes ici aujourd’hui pour trouver une solution qui prévoit une séparation nette, assure la stabilité de l’entreprise pour ses employés et clients, et aboutit à un processus d’évaluation et de rachat équitable. Nous sommes ouverts à la discussion sur la structure et le calendrier de ce processus. » Cette approche déplace immédiatement l’attention du blâme vers la résolution de problèmes et la conclusion d’accords, invitant votre associé à s’engager sur un plan commercial plutôt que personnel.
Une déclaration d’ouverture bien conçue est votre première et meilleure chance de transformer la dynamique. Réévaluer cette stratégie tournée vers l avenir est essentiel pour préparer le terrain du succès.
Ce que vous dites en médiation est-il admissible en justice si le règlement échoue ?
C’est une question cruciale, et la réponse fournit l’un des plus grands incitatifs à négocier ouvertement : généralement, non. Au Canada, les discussions qui ont lieu pendant la médiation sont protégées par le « privilège relatif aux négociations ». Cette doctrine de common law, renforcée par des règles provinciales comme la Règle 24.1 de l’Ontario pour la médiation obligatoire, considère les communications faites dans le but de régler un litige comme étant « sous toutes réserves ». Cela signifie qu’elles sont confidentielles et ne peuvent être utilisées comme preuve de responsabilité devant le tribunal si la médiation échoue. Le but de cette protection est d’encourager une discussion franche et complète, permettant aux parties de faire des offres et des concessions sans craindre que ces offres ne soient utilisées contre elles plus tard comme un aveu de faiblesse ou de faute.
Cependant, cette confidentialité n’est pas absolue. Le privilège peut être levé si les deux parties y consentent, ou dans des circonstances très spécifiques, par exemple lorsqu’une partie allègue que le règlement a été conclu en raison d’une fausse déclaration ou d’une fraude. Il est également important de distinguer le cadre des médiations privées de celles mandatées par le tribunal. Bien que les deux soient confidentielles, les règles et exceptions spécifiques peuvent différer.
Le tableau suivant, basé sur des informations d’experts juridiques de cabinets comme Fasken, souligne les principales différences dans le cadre de confidentialité pour un litige en Ontario :
| Aspect | Médiation privée | Mandatée par le tribunal (Règle 24.1) |
|---|---|---|
| Cadre de gouvernance | Entente de médiation (Droit des contrats) | Règles de procédure civile de l’Ontario |
| Confidentialité par défaut | Basée sur les termes du contrat | Protection statutaire |
| Personnalisation | Peut fixer des règles plus strictes | Exigences statutaires fixes |
| Exceptions | Telles que spécifiées dans l’entente | Exceptions spécifiées par le tribunal uniquement |
| Exécution | Recours pour rupture de contrat | Sanctions judiciaires possibles |
Ce bouclier de confidentialité est un outil stratégique. Il crée un espace sûr pour lancer des propositions créatives, discuter des coûts et risques réels du litige et explorer des solutions sans créer une trace écrite préjudiciable. Comprendre cette protection vous permet de passer d’une posture de garde à une posture de négociation authentique et pragmatique.
Saisir les nuances de la confidentialité est fondamental. L’examen de les limites du privilège relatif aux négociations vous permet de négocier en toute confiance.
L’erreur du « chiffre plancher » : pourquoi les montants rigides bloquent-ils la médiation ?
Les associés entrent souvent en médiation avec un « chiffre plancher » en tête — un montant unique et non négociable qu’ils doivent recevoir pour régler. Bien qu’avoir une cible soit important, la traiter comme une position rigide, à prendre ou à laisser, est l’une des erreurs les plus courantes et les plus destructrices. Cette approche transforme la négociation en un simple bras de fer sur un montant fixe, ignorant l’immense potentiel de création de valeur créative qu’offre la médiation. Cela tue immédiatement tout progrès et signale un manque d’intérêt pour une véritable conclusion d’accord.
Un litige de 200 000 $ concerne rarement seulement 200 000 $ en espèces. Il s’agit de risque, de calendrier, d’efficacité fiscale et de responsabilités futures. Une approche sophistiquée va au-delà d’un chiffre unique pour explorer l’ensemble de la proposition. Par exemple, un paiement de 150 000 $ aujourd’hui a-t-il plus de valeur que 200 000 $ payés sur trois ans ? Un associé reprenant une dette spécifique de l’entreprise en échange d’un actif clé pourrait-il être plus bénéfique qu’un simple paiement en espèces ? Ce sont les questions qui mènent à des percées. Comme le recommande la Banque de développement du Canada (BDC), les solutions créatives peuvent inclure des prêts du vendeur pour un rachat, ou le transfert d’actifs spécifiques au lieu d’espèces pour une meilleure efficacité fiscale.

Au lieu d’un chiffre plancher, vous devriez préparer votre Meilleure Solution de Rechange (MESORE / BATNA). Quel est votre résultat le plus probable si vous allez au tribunal, après avoir pris en compte les frais juridiques, le temps, le stress et le risque d’un jugement défavorable ? Votre MESORE est votre véritable point de rupture. Toute offre sur la table qui est meilleure que votre MESORE mérite d’être examinée. Ce cadre vous encourage à évaluer les propositions comme un ensemble complet, en les comparant à une alternative réaliste, et non à un chiffre idéaliste sorti de nulle part.
Dépasser un chiffre fixe ouvre un monde de possibilités. Réfléchir à pourquoi un chiffre plancher rigide est contre-productif est essentiel pour une résolution créative de problèmes.
Comment rédiger un procès-verbal de transaction immédiatement exécutoire ?
Une médiation réussie se termine par une entente signée, généralement appelée procès-verbal de transaction. Ce document n’est pas qu’un simple résumé des discussions ; c’est un contrat légal contraignant qui remplace toutes les réclamations antérieures. S’il est mal rédigé, il peut devenir la source d’un nouveau litige. L’objectif est de créer un document clair, complet et immédiatement exécutoire par un tribunal sans autre litige. L’ambiguïé est l’ennemie d’un règlement durable.
L’entente doit être précise. Elle doit détailler exactement qui paie quoi, quand et comment. Si les paiements sont structurés dans le temps, elle doit spécifier les taux d’intérêt pour les paiements en retard et toute garantie gagée contre l’obligation. Mais une entente solide va bien au-delà de l’échéancier de paiement. Elle doit inclure une clause de « quittance complète et définitive », où les deux parties acceptent de se libérer mutuellement de toutes réclamations découlant du partenariat, connues ou inconnues. Cela empêche un associé de revenir plus tard avec une nouvelle poursuite liée au même historique commercial.
De plus, une clause d’« intégralité de l’entente » est cruciale. Elle stipule que le document écrit représente l’intégralité de l’accord et qu’aucune promesse verbale ou accord parallèle n’est exécutoire. Cela évite les disputes futures sur ce qui aurait été « convenu dans la salle ». Pour garantir que votre procès-verbal de transaction est robuste et résiste à l’examen dans un contexte juridique canadien, plusieurs clauses clés doivent être incluses.
Votre liste de contrôle pour une entente de règlement canadienne blindée
- Modalités de paiement : Précisez les montants exacts en CAD, les dates de paiement, le mode de transfert et tout intérêt pour retard de paiement.
- Quittance complète et définitive : Incluez une clause complète libérant toutes les réclamations passées et présentes entre les parties, leurs héritiers et entités liées.
- Clause d’indemnisation : Rédigez une clause où chaque partie accepte d’indemniser l’autre contre les réclamations futures de tiers (ex: créanciers ou ARC) liées à sa part d’obligations.
- Confidentialité : Définissez les obligations de confidentialité concernant les termes du règlement lui-même et la nature du litige initial.
- Loi applicable : Indiquez explicitement que l’entente est régie et interprétée selon les lois de la province canadienne concernée (ex: Ontario).
En couvrant méticuleusement ces points, comme le soulignent les ressources juridiques telles que celles d’Ashurst, vous transformez un accord de principe en un contrat de fer qui offre certitude et finalité.
La qualité du document final détermine le succès de tout le processus. Examiner attentivement les composantes essentielles d une entente exécutoire garantit que votre résolution est définitive.
Médiation obligatoire en Ontario : comment préparer votre client à la séance ?
Dans certaines juridictions de l’Ontario (notamment Toronto, Ottawa et Windsor), la médiation est une étape obligatoire pour la plupart des dossiers de litige civil en vertu de la Règle 24.1 des Règles de procédure civile. Si votre litige entre associés a déjà dégénéré en poursuite judiciaire dans l’une de ces régions, vous devrez assister à une séance de médiation dans les 180 jours suivant le dépôt de la première défense. Ce n’est pas un processus optionnel. Comprendre comment se préparer dans ce cadre spécifique est crucial.
La principale différence dans la médiation obligatoire est la sélection du médiateur. Les parties peuvent soit s’entendre mutuellement sur un médiateur privé, soit, si elles n’y parviennent pas, un médiateur sera assigné à partir d’une liste locale approuvée par le tribunal. Bien que les médiateurs de la liste soient des professionnels qualifiés, ils peuvent être des généralistes. Pour un litige entre associés de 200 000 $ ayant des implications commerciales ou fiscales complexes, chercher un consensus avec votre associé pour retenir conjointement un médiateur privé spécialisé dans les litiges commerciaux et de partenariat est souvent un bien meilleur investissement. Un spécialiste peut saisir les nuances de votre entreprise plus rapidement et proposer des solutions plus sophistiquées.
Les coûts diffèrent également. Les médiateurs de la liste en Ontario ont des structures de frais réglementées, tandis que les médiateurs privés fixent leurs propres tarifs en fonction de leur expérience et de la demande. Bien qu’un spécialiste puisse avoir un taux horaire plus élevé, sa capacité à faciliter un règlement plus efficacement peut souvent mener à un coût total inférieur à celui d’une séance prolongée avec un généraliste.
Le tableau suivant fournit une comparaison claire pour vous aider à prendre une décision éclairée avec votre avocat, en s’appuyant sur des données de fournisseurs comme ADR Chambers :
| Facteur | Médiateur de la liste du tribunal | Médiateur privé spécialisé |
|---|---|---|
| Coût | 600 $ – 1 500 $ (frais réglementés) | 200 $ – 950 $/heure (selon l’expérience) |
| Spécialisation | Litige civil général | Expertise spécifique (ex: litiges entre associés) |
| Processus de sélection | Assignation aléatoire (liste locale) | Accord mutuel entre les parties |
| Flexibilité d’horaire | Limitée par le calendrier du tribunal | Options d’horaire plus flexibles |
Que la médiation soit obligatoire ou volontaire, les principes de préparation restent les mêmes : adoptez une mentalité de négociateur, comprenez votre MESORE et soyez prêt à explorer des solutions créatives basées sur les intérêts. Le caractère obligatoire fournit simplement une échéance ferme pour amener les deux parties à la table.
Connaître les règles spécifiques est vital. Pour ceux qui sont en Ontario, maîtriser les détails de comment se préparer à une séance obligatoire est une partie non négociable de la stratégie.
Responsabilité solidaire : pourquoi pourriez-vous payer la part de dette de votre associé ?
L’un des leviers les plus puissants et souvent négligés dans un litige entre associés au Canada est le principe de responsabilité solidaire. En vertu des lois provinciales comme la Loi sur les sociétés en nom collectif de l’Ontario, les associés ne sont pas seulement responsables de leur « part » des dettes de l’entreprise ; chaque associé peut être tenu responsable de la totalité de la dette. Cela signifie que si le partenariat doit 100 000 $ à un créancier et que votre associé n’a aucun actif, ce créancier peut légalement vous poursuivre pour la totalité des 100 000 $. Il n’est pas tenu de poursuivre votre associé insolvable.
Cette réalité juridique fournit un incitatif important pour les deux parties à parvenir à un règlement global. Pour l’associé le plus solvable, un règlement est l’occasion d’obtenir une certitude et une protection juridiques, généralement par le biais d’une clause d’indemnisation. Cette clause stipulerait que si vous êtes forcé de payer plus que votre part d’une dette de partenariat, votre ancien associé est contractuellement obligé de vous rembourser. Pour l’associé moins solvable, la menace de voir son associé poursuivi pour 100 % d’une dette — et que cet associé se retourne ensuite contre lui personnellement en vertu de l’indemnité — est un puissant motivateur pour contribuer équitablement à un règlement.
En vertu de l’article 24(1) de la Loi sur les sociétés en nom collectif de l’Ontario, les associés sont présumés contribuer également aux pertes. Ceci, combiné au devoir de fournir des « comptes exacts et une information complète » en vertu de l’article 28, rend la transparence sur toutes les dettes de l’entreprise essentielle pendant la médiation. Vous devez utiliser la médiation pour :
- Effectuer un inventaire complet de toutes les dettes connues et potentielles du partenariat (fournisseurs, ARC, propriétaires, prêts bancaires).
- Attribuer clairement la responsabilité de chaque dette dans l’entente de règlement.
- Rédiger une clause d’indemnisation solide qui oblige votre associé à vous rembourser si vous êtes forcé de payer sa part d’une dette commune.
- Envisager d’exiger une garantie (comme une caution personnelle ou un privilège sur un actif) pour appuyer l’indemnité si la situation financière de votre associé est précaire.
Ignorer la responsabilité solidaire est une erreur catastrophique. Un règlement qui ne fait que diviser les actifs sans traiter globalement les dettes est une bombe à retardement, vous laissant exposé aux réclamations futures des créanciers de votre entreprise.
Ce principe juridique peut être votre plus grand risque ou votre plus grand levier. Comprendre le plein impact de la responsabilité solidaire est essentiel pour vous protéger.
Points clés à retenir
- Passez d’une mentalité de combat juridique à une transaction commerciale stratégique axée sur la création de la meilleure entente de sortie possible.
- Tirez parti de la confidentialité de la médiation pour explorer des solutions créatives et fiscalement avantageuses qu’un tribunal ne pourrait jamais ordonner.
- Une entente de règlement solide est votre objectif ; elle doit être un contrat précis et exécutoire qui traite de tous les actifs, dettes et risques futurs.
Comment structurer une entente de règlement pour minimiser l’impôt de votre entreprise ?
Dans un règlement de 200 000 $, tous les dollars ne se valent pas. La manière dont le paiement du règlement est caractérisé dans l’entente peut avoir un impact massif sur le montant d’impôt que vous et votre associé devrez finalement payer. C’est l’un des domaines les plus importants où la médiation peut créer de la valeur. En travaillant avec votre avocat et votre comptable, vous pouvez structurer le règlement pour qu’il soit aussi avantageux que possible sur le plan fiscal pour les deux parties, rendant une entente plus attrayante et plus facile à conclure. L’Agence du revenu du Canada (ARC) traite très différemment les divers types de paiements de règlement.
Le principe directeur en droit fiscal canadien est le « principe de substitution » (surrogatum principle), qui, comme l’explique l’avocat fiscaliste David Thompson, signifie qu’« un règlement a le même traitement fiscal que le montant qu’il est censé remplacer ». Si un paiement est destiné à remplacer des profits perdus, il est imposé comme un revenu d’entreprise. S’il s’agit de dommages à un actif immobilisé, il peut bénéficier d’un traitement plus favorable au titre des gains en capital. Un paiement pour préjudice personnel, tel que le stress et la contrainte documentés, peut même être libre d’impôt. Par conséquent, étiqueter simplement un paiement de 200 000 $ comme un « règlement forfaitaire » est une occasion manquée. Vous devez allouer les fonds à différentes catégories basées sur les faits de votre litige.
Pour un rachat de parts, structurer une grande partie du paiement comme un remboursement de capital ou pour la disposition d’actions peut être très avantageux, car cela serait assujetti à l’impôt sur les gains en capital (avec un taux d’inclusion de seulement 50 %) plutôt que d’être entièrement imposé comme un revenu.
Ce tableau illustre les différents traitements fiscaux par l’ARC pour diverses composantes d’un règlement :
| Composante du règlement | Traitement fiscal | Exemple sur un règlement de 200k $ |
|---|---|---|
| Dommages pour rupture de contrat | Généralement imposable comme revenu | Totalité des 200k $ imposable |
| Remboursement de capital / disposition d’actions | Gain en capital (inclusion de 50 %) | Seulement 100k $ imposable |
| Préjudice personnel (stress/détresse) | Libre d’impôt si basé sur des faits | 0 $ imposable |
| Profits perdus | Entièrement imposable comme revenu d’entreprise | Montant total imposable |
| Dommages aux actifs immobilisés | Traitement du capital | Taux d’inclusion de 50 % s’applique |
Allouer soigneusement les fonds du règlement dans l’entente finale, sur la base d’une interprétation raisonnable des faits, n’est pas de l’évitement fiscal ; c’est une planification financière prudente et une partie intégrante de la mentalité de négociateur.
Pour bénéficier pleinement du processus de médiation, il est crucial de comprendre comment structurer les termes financiers pour une efficacité fiscale maximale.
Naviguer dans une dissolution de partenariat est un processus complexe et chargé d’émotions. En adoptant une mentalité stratégique et transactionnelle et en vous préparant minutieusement sur ces fronts clés, vous transformez la médiation d’une confrontation en un outil constructif pour orchestrer une sortie nette, équitable et financièrement saine. La prochaine étape logique est de consulter des professionnels du droit et de la finance pour bâtir votre stratégie spécifique et préparer vos propositions d’ouverture.